Votre enfant peut-il avoir confiance en vous?

La confiance est la base de toute relation humaine: ne pas avoir confiance en son conjoint expose à de graves problèmes de couple, ne pas avoir confiance dans son entreprise génère un sentiment d’insécurité et une démotivation, ne plus faire confiance à son enfant après de gros mensonges est particulièrement inconfortable et anxiogène, …

Mais votre enfant peut-il vous faire confiance? Voici pour cela 3 questions à  se poser afin de faire le point… et rectifier notre attitude si nécessaire.

Lorsque vous annoncez quelque chose (une demande, une sanction ou un projet), faîtes-vous ce que vous dites?

C’est là une base, en effet.

Si vous promettez quelque chose à votre enfant, il faut réaliser cette promesse autant que possible. Si vous lui annoncez que dimanche vous irez au cinéma et qu’à la dernière minute, parce qu’il fait beau, vous décidez de jardiner, il aura bien du mal à vous faire confiance à l’avenir et à prendre au sérieux vos paroles.

Dans un autre registre, lorsque vous lui faîtes une demande, comme “Ramasse ton blouson et ton cartable s’il te plait”, n’allez pas vaquer à vos occupations en attendant qu’il s’exécute. Il doit sentir que vous tenez à votre demande et que vous ne lâcherez rien tant que cela ne sera pas exécuté. Il ne s’exécutera que si vous prêtez vous-même attention à votre demande. Attention donc aux demandes répétées machinalement!

Autant que possible, soyez claire sur les sanctions qui découleront de la non exécution des demandes parentales. Par exemple, “si tu ne rentres pas à l’heure prévue, tu seras privé de sortie la semaine prochaine”. Et surtout, tenez-vous y! Certes, vous allez le frustrer (ce qui n’est pas agréable en tant que parent non plus) mais c’est dans une certaine frustration que l’on progresse dans la vie. Payeriez-vous vos impôts s’il n’y avait pas de pénalité financière si vous ne le faisiez pas? 😉

Ainsi, pour que votre enfant vous fasse confiance, au delà de toute la bienveillance parentale nécessaire, vous devez dire ce que vous allez faire et faire ce que vous avez dit.

Vous comportez-vous de manière exemplaire?

Etes-vous vous-même ponctuel? Respectez-vous les règles du code de la route? Votre langage est-il irréprochable? Contrôlez-vous vos émotions? Rangez-vous systématiquement vos affaires? Vos relations avec les autres sont-elles pacifiées? …

Les apprentissages des enfants se faisant majoritairement par imitation, cet aspect est crucial dans les consignes que vous lui donnez. Il ne pourra pas répondre à vos demandes (ou difficilement) si vous-même ne les appliquez pas. Si votre comportement est exemplaire (ou presque), cela donne du sens à votre demande et donc au respect de la consigne.

Lorsque votre enfant vous défie ou vous provoque, savez-vous garder votre calme et reprendre votre place de parent?

Il n’est pas rare que notre enfant nous défie ou nous provoque. C’est surtout le cas chez les petits et à l’adolescence.  Ce n’est pas nous qui sommes visés en tant que personne, mais ce que nous représentons. L’enfant a parfois besoin de se confronter au cadre parental pour vérifier s’il tient suffisamment, ce qui est sécurisant pour lui.

Lorsque cela arrive, il convient de ni s’effondrer, ni exploser. Vous devez être un “parent punching ball”, c’est à dire que quoiqu’il arrive (parfois après un court délai), nous devons reprendre notre place contenante. Pas toujours facile évidemment de garder son calme… C’est pourquoi, plutôt que d’exploser de colère ou de détresse, ou de dire des choses blessantes ou peu constructives, il vaut mieux ajourner la discussion pour s’isoler et retrouver son calme. Prévenez votre enfant que vous n’êtes pas d’accord avec ce qu’il vient de se produire, que vous en rediscuterez après et n’ajoutez surtout rien de plus.

Reprenez IMPÉRATIVEMENT l’échange avec votre enfant le plus vite possible, lorsque tout le monde est calmé. Expliquez-lui ce que vous avez ressenti, en quoi vous n’approuvez pas son comportement et cherchez à avoir son point de vue et son ressenti. Appliquez la sanction prévue en la modulant si nécessaire selon les circonstances qui auront émergées de l’échange lors du retour au calme. Votre écoute bienveillante et la réaffirmation du cadre parental sont profondément sécurisantes pour votre enfant.

Ces trois questions me semblent fondamentales pour construire des relations de qualité dans la famille. La confiance est condition sine qua non à la sécurité affective de l’enfant et par conséquent aux apprentissages. A son tour, il pourra se servir de ce modèle pour construire ses relations affectives et sociales.

Il n’est pas toujours facile de les appliquer au quotidien car cela fait écho, en tant que parent, à notre vécu personnel et à nos propres failles. Pour donner confiance aux autres, il faut avant tout avoir confiance en soi. Une chance, cela se travaille et on crée très vite un cercle vertueux. En effet, plus les relations avec vos enfants seront satisfaisantes et gratifiantes, plus vous gagnerez en confiance en vous et plus les relations familiales seront apaisées.

Virginie BOSSUT

Psychologue spécialisée en TCC et en psychologie de l’éducation

Partager l'article
  •  
  •  
  • 29
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    29
    Partages
  • 29
    Partages

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *