Tu ne peux pas faire un peu plus attention?

 

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Mon enfant peine à se concentrer. Est ce le TDA/H? 

Les difficultés d’attention et de concentration sont avant tout un symptôme. En tant que tel, il est possible qu’il ne soit que transitoire ou retrouvé dans un seul milieu de vie de l’enfant.

Ces difficultés peuvent être en lien avec un manque de motivation, consécutive à un événement de vie difficile ou en lien avec des affects dépressifs ou des troubles de l’apprentissage. Ces difficultés peuvent également faire partie du tempérament de l’enfant comme un enfant qui a un grand besoin de bouger ou un enfant plus anxieux.

Le TDA/H (Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité) est un syndrome répondant à des critères diagnostics précis. Les difficultés attentionnelles sont centrales dans ce trouble et perturbent le fonctionnement scolaire, social et familial. On peut le dépister par une batterie de tests.

Si l’on a le moindre doute, il convient de prendre un rendez vous avec un psychologue spécialisé dans ce domaine. Plus on intervient tôt, plus c’est efficace.

 

Y a-t-il plus d’enfants concernés aujourd’hui? 

C’est difficile à dire. Ce trouble a toujours existé mais nos modes de vie semblent plus exacerber ce problème aujourd’hui.

Aujourd’hui le diagnostic est bien plus efficace… il est même possible qu’on sur-diagnostique. Le débat est d’ailleurs d’actualité.

Ce qui est sûr, c’est que notre mode de vie actuel offre moins aux enfants la possibilité de se dépenser. Les logements sont beaucoup plus urbains, peut être moins spacieux, les transports  mécanisés. Les écrans ont bien souvent remplacés les jeux extérieurs et surtout les jeux d’imagination et de manipulation.

Les enfants sont souvent fascinés et envahis par le monde de l’image et de l’immédiateté. L’école a donc beaucoup de difficultés à rivaliser avec cette sur-stimulation. Les activités traditionnelles proposées sont nettement moins stimulantes pour certains enfants. Là encore, le débat reste ouvert: peut-on apprendre uniquement par le jeu? L’effort et l’ennui ne fait-il pas partie intégrante de l’apprentissage?

Par ailleurs, la société engendre une grande pression sur les enfants et leurs réussites. Les comportements déviants sont beaucoup moins tolérés et l’on cherche à gommer, soigner, éliminer les conduites peu productives.

 

Que puis-je faire pour aider mon enfant à mieux se concentrer? 

  • On peut d’abord réfléchir soi même à son mode de vie. Sommes nous du genre “posé” ou “hyperactif” dans notre quotidien et nos activités? Ralentir soi-même est une condition sine quae non pour aider nos enfants à se concentrer. Il faudra donc éviter de le stimuler en permanence et lui laisser le temps de rêver, de ne rien faire, voir même de “s’ennuyer”. Eh oui, les chiens ne font pas des chats!
  • Il faut respecter son besoin de mouvement et pour cela limiter aussi le temps d’écran. Cela peut passer par le fait d’aller à pied ou en vélo à l’école, de goûter au square ou de renouer avec la promenade dominicale… Il faut pouvoir accepter que l’enfant joue dans le jardin même lorsque le temps n’est pas radieux. Après tout, ils ne sortent pas en récréation que les jours de grand beau temps! Les activités sportives (pas trop) sont aussi intéressantes.
  • Enseigner la relaxation est un cadeau pour la vie: on peut apprendre quelques postures de yoga, se faire offrir quelques CD de musique douce, s’exercer aux massages en passant une balle sur le corps, faire quelques exercices de tension/détente musculaire, méditer quelques instants…
  • Il faut structurer le temps et l’espace. L’enfant a besoin de repères pour grandir et se rassurer. En ce qui concerne le temps, on privilégiera quelques routines et rituels, on utilisera le timer, le sablier, les plannings pour s’organiser. Avoir un temps limité pour faire les choses permet d’optimiser la mobilisation de ses ressources attentionnelles. Pour l’espace, une bonne organisation matérielle est essentielle.
  • Les demandes que vous formulez à votre enfant doivent être courtes et très claires. Elle seront formulées de manière affirmative. Un enfant a beaucoup de difficulté à comprendre les négations … un adulte aussi d’ailleurs…
  • On pourra anticiper les comportements souhaités. Etre proactif est souvent très efficace, surtout si les actions adaptées sont renforcées dans un tableau par une gommette, une image ou un jeton que l’on peut échanger contre une activité plaisante.
  • Lors des devoirs: Parfois, bouger permet de mieux se concentrer. On peut réciter sa poésie debout ou en la mimant, adopter un coussin de stimulation. Lorsque l’on a besoin d’obtenir une concentration maximale pour une consigne précise, on peut se mettre d’accord sur une posture d’écoute. Assis bien droit par exemple et regarder son interlocuteur. Là aussi, les muscles en tension vont être nécessaires: on ne peut pas être concentré si l’on est affalé.

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