test de QI

Mon enfant est en difficulté scolaire ou rencontre quelques problèmes d’adaptation. Pourquoi me propose-ton un test de QI?

Votre enfant est en difficulté scolaire, ou rencontre quelques problèmes d’adaptation, et l’école demande à ce qu’on lui passe un test de QI… Rassurez-vous, pour autant l’école n’insinue pas que votre enfant n’est pas intelligent.

Ce test de QI ne sert pas qu’à mesurer le QI. Et pour tout vous vous dire, le QI total  n’intéresse pas grand monde car ce test est une mine d’informations bien au delà de ce simple calcul!

Qu’est-ce que le QI et comment le mesure-ton?

Le quotient intellectuel est un indice permettant d’évaluer le fonctionnement intellectuel comparativement aux personnes d’une même classe d’âge.

On utilise trois tests selon l’âge:

  • La WPPSI IV: pour les enfants entre 2 ans et demi et 7 ans
  • Le WISC V: pour les enfants entre 6 ans et 16 ans
  • La WAIS IV après 16 ans

Toute version antérieure est à fuir car, puisque la société change en permanence, il est indispensable de réétalonner régulièrement les tests. Ces différentes versions sont donc tout à fait à jour.

Seuls les psychologues et les neuropsychologues sont habilités à faire passer ces tests au terme d’une formation très complète et complexe. Le psychologue ne sera pas qu’attentif aux résultats obtenus mais aussi au comportement de votre enfant pendant le test, à sa personnalité, à son histoire, à son comportement dans les différents milieux de vie, à son développement, … Toutes les informations que recueillent le psychologue vont être savamment articulées les unes ou autres pour mieux répondre à une question que l’on se pose concernant le fonctionnement de votre enfant. Car oui, pas besoin de test, si on ne se pose pas de question.

Un QI? Non, plutôt des QI…

Tout le monde connait le QI total. Beaucoup pensent que l’intelligence moyenne est de 100. Mais à dire vrai, on parle de zone moyenne qui est comprise entre 85 et 115. La majorité de la population s’y trouve. Entre 70 et 85, on parle de moyenne faible et entre 115 et 130 de moyenne haute. En dessous de 70, on parle de déficience intellectuelle et au delà de 130 de haut potentiel.

Le QI total apparait comme un résumé global du fonctionnement intellectuel de l’enfant. Or, surtout lorsque sont évoquées des difficultés d’apprentissage, l’individu est rarement homogène dans son fonctionnement. En effet, l’enfant peut avoir des points forts et des points faibles. C’est justement ses écarts qui vont intéresser le psychologue car ils lui permettent de faire des hypothèses diagnostiques sur les difficultés que rencontre l’enfant … ou même l’adulte. Ces hypothèses seront par la suite étayées par des tests complémentaires.

Vous comprenez sans doute mieux pourquoi le QI total intéresse au final peu les psychologues. Le focus est davantage réalisé sur des indices découpant l’intelligence en secteurs:

  • L’indice de compréhension verbale: Dans ce groupe d’épreuves, on évalue comment l’individu est capable d’utiliser le langage comme outil pour exprimer son intelligence.
  • L’indice visuo spatial: Il permet de déterminer avec quelle efficience la personne est capable de percevoir et de raisonner sur les relations spatiales.
  • L’indice de raisonnement fluide: Il évalue le raisonnement logico mathématiques sans aucune intervention du langage.
  • L’indice de mémoire de travail: Cet indice est extrêmement important pour la réussite scolaire et évalue la capacité de l’individu de retenir une information, tout en la manipulant mentalement (en réfléchissant dessus).
  • L’indice de vitesse de traitement qui mesure la rapidité d’exécution pour une tâche simple.

Chacun de ces indices répond aux mêmes règles que le QI (moyenne entre 85 et 115) pour situer la personne par rapport à son groupe d’âge. Mais là encore, dans chaque indice, les résultats peuvent ne pas être interprétables ensemble car trop hétérogènes. Le psychologue devra donc se focaliser sur les épreuves concernées afin de mieux comprendre les difficultés de la personne.

Du général au particulier

En cas de difficulté scolaire, le test de QI est la première épreuve recommandée. Elle permet d’avoir une vision globale des difficultés de l’enfant de manière à mieux en comprendre son fonctionnement.

Le test de QI est rarement une fin en soi. C’est au contraire le début des recherches. En effet, chaque hypothèse soulevée va être examinée une à une soit par le biais d’autres tests ou d’autres examens ciblés (neuropsychologiques, psychopathologiques, psychomoteurs, ergothérapiques, orthoptiques, sensoriels, médicaux, …) , soit par le biais de rééducations précises permettant d’arriver à un diagnostic final qui sera posé par un médecin spécialisé.

Le parcours du combattant

C’est en raison de ces démarches longues et sinueuses que  les familles ont l’impression de vivre un véritable parcours du combattant avant le diagnostic. Il faut dire que sonder le cerveau n’est pas chose facile. On ne peut faire une radio ou un scanner de la cartographie du système neuronal. Tout est bien évidemment complexe et observer ce qu’il se passe dans la boite noire n’est pas chose facile. Il faudra en effet s’armer de patience pour aboutir à un diagnostic médical. Or, dites vous bien que pour autant, votre enfant est déjà aidé dès la mise en place de cette démarche. C’est bien sûr le diagnostic qui pourra valider officiellement les aides et adaptations qui devront être mises en place à l’école et à la maison. Toutes les attentes des parents se cristallisent bien souvent là dessus… d’où des espoirs déçus… Mais là, c’est encore un autre problème que je ne manquerai pas d’évoquer lors d’un prochain article.

Virginie Bossut

Psychologue spécialisée dans le diagnostic et la prise en charge des troubles des apprentissages

 

 

Partager l'article
  •  
  •  
  • 31
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    31
    Partages
  • 31
    Partages

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *