Quel sommeil pour optimiser les apprentissages de votre enfant?

C’est maintenant bien connu, le sommeil joue un rôle fondamental dans les apprentissages. Et pourtant, il reste problématique et motive environ un quart des consultations psychologiques chez les enfants.

Pas “un” mais “des” sommeils

Le sommeil n’est pas homogène toute la nuit. Il se compose d’alternance de 4 à 5 cycles (chez les adultes, plus chez les enfants) de 90 minutes environ. Plus on avance dans la nuit, plus les phases de sommeil lent se raréfient au profit du sommeil profond.

On attribuait jusqu’à très récemment cette vertu de consolidation des apprentissages au sommeil paradoxal (sommeil profond où le cerveau est en intense activité). Or, les recherches scientifiques récentes ont pu mettre en évidence que la mémorisation des connaissances déclaratives (il s’agit notamment des connaissances scolaires) se faisaient essentiellement en phase de sommeil léger (sommeil pendant lequel l’activité cérébrale ralentit).  Le sommeil paradoxal reste essentiel, en particulier chez l’enfant, car il détermine la mise en place des circuits nerveux et la maturation du cerveau.

Le sommeil, un outil au service des apprentissages

Les recherches scientifiques ont pu mettre en évidence une meilleure rétention des informations lorsque l’apprentissage était suivi d’une période de sommeil. Son rôle dans la consolidation des souvenirs est évident, au point qu’on encourage la sieste à tout âge pour favoriser l’encodage à long terme des apprentissages. Vos ados vont adorer!

A l’inverse, le manque de sommeil diminue les capacités d’attention et de mémoire de travail. Par exemple, une étude a pu montrer que lorsqu’on passait en dessous des 10 heures de sommeil chez les enfants de moins de 6 ans, les capacités d’attention et de concentration diminuaient significativement et l’on majorait les troubles de l’humeur et du comportement. Une étude canadienne a même montré qu’on multipliait dans ce cas par 3 le risque de difficultés scolaires! Sachez qu’on obtient les mêmes résultats pour les scores d’hyperactivité et d’impulsivité. Pour les enfants entre 10 et 14 ans, une seule nuit de sommeil raccourcie à 5 heures suffit à perturber les apprentissages complexes.

Le sommeil favorise également une bonne gestion des émotions. On le constate bien, un enfant grognon est souvent un enfant fatigué. Sachez que chez les enfants d’âge primaire, les recherches ont montré qu’une seule heure de sommeil en moins détériore aussi le comportement émotionnel.

Quelques conseils pour le sommeil des enfants

  • Exposez quotidiennement votre enfant à la lumière du jour, il n’en dormira que mieux.
  • Évitez à tout prix les couchers tardifs et les nuits blanches
  • Couchez votre enfant à heures régulières (et approchez vous de cela le plus possible les week end et vacances)
  • Ne laissez pas de lumière allumée dans la chambre, elle perturbe gravement le sommeil. Il est normal qu’à 18 mois l’enfant ait peur du noir. Cette peur doit être progressivement surmontée. Attention à ne pas être esclave des peurs de vos enfants. Votre complaisance ne ferait que les renforcer. Surmonter ses peurs est vital pour son équilibre psychologique.
  • Refusez les réveils intempestifs. Sauf cas de force majeure évident, ne vous levez pas et n’autorisez jamais que votre enfant vous rejoigne dans votre lit. Il faudra tenir bon pendant quelque temps si le pli est déjà pris… ce n’est pas facile mais indispensable à long terme.
  • N’autorisez aucun écran dans la chambre de votre enfant, ni dans les deux heures qui précèdent le coucher.
  • De même, évitez toute activité stimulante avant le coucher.
  • Mettez en place un rituel apaisant de coucher (exemple: brossage des dents, histoire, câlin)
  • Si votre enfant se couche trop tard, n’hésitez surtout pas à le lever tôt, cela lui permettra simplement de se resynchroniser. Tenez bon, même si votre enfant s’oppose.

L’apprentissage d’une bonne hygiène de sommeil est de notre responsabilité de parents. J’observe au quotidien en consultation  des parents qui se sont laissés débordés par ces problématiques: réveils nocturnes quotidiens, enfant qui rechigne à aller se coucher, enfant qui rejoint ses parents la nuit, refus de se lever le matin, … Cela peut conduire à l’épuisement parental. Sauf pathologie avérée (ce qui est rare), ces petits soucis se règlent par la persévérance et une dose de fermeté.

Je suis désolée de le rappeler mais votre enfant ne peut savoir ce qui est bon pour lui car il est guidé par sa toute puissance enfantine… alors à nous, parents, de poser des limites éducatives. C’est notre manière de leur dire qu’on les aime et de les protéger.

N’hésitez pas à laisser en commentaires vos petits trucs et astuces pour favoriser le sommeil de votre enfant… ou les difficultés que vous rencontrez afin que je puisse vous aider plus spécifiquement par un article complémentaire à ce thème.

A bientôt

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue clinicienne, spécialiste de l’éducation et des thérapies cognitives et comportementales.

 

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One comment

  1. Mon fils de 6ans demi,est très anxieux ,peur du noir ,cauchemar,difficultés a s endormir.
    Il fallait je trouve une solution car il dormait souvent dans mon lit.j ai décidé d acheter un matelas et je l autorisé a dormir le mardi soir et le week-end en bas si il dormait le reste de la semaine dans sa chambre,je lisais une histoire ….(dans le salon, ma chambre est en face).je lui ai donner un masque de nuit je lui disais que c était un masque anti cauchemar.l idée du masque a très bien fonctionné. Petit a petit il ne pensait plus du tout a dormir en bas et monte en haut même le week-end. Il ma fallut quatre mois pour le deshabitué .il est même devenu de plus en plus autonome. Pour moi c était une réussite.

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