Comment réagir si mon enfant se fait harceler à l’école? Une approche pour ne plus jamais subir le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire doit impérativement être suspecté dès lors que notre enfant modifie son comportement ou cherche à éviter certaines situations. Fermer les yeux sur ce type d’agissement ou le banaliser peut avoir des conséquences dramatiques.

Qu’est ce que le harcèlement scolaire?

Ce sont des violences répétées (verbales, physiques ou psychologiques) avec l’intention de nuire.

Il s’agit d’un rapport de domination imposé par un ou plusieurs agresseurs sur une victime.

La victime n’a pas les ressources pour se défendre.

 

Le harcèlement peut être moral (dévalorisations, menaces, insultes, visages fermés, indifférence, mépris, diffamation sur internet, …)

Il peut aussi être physique: bousculades, coups, tapes sur la tête, croche-pieds, …

Il peut aussi être sexuel: attouchements, gestes porno, colportages de rumeurs, photomontage porno, …

Le harcèlement peut aussi être matériel: objets de la personne détruits, vol de goûter, souillures sur le plateau de cantine, …

 

Quelles conséquences?

Il existe des répercussions psychologiques importantes sur la victime (sentiment d’insécurité, peur, repli sur soi, …)… Les conséquences sont durables et fragilisent l’individu dans sa construction psychique avec conséquences à long terme sur sa confiance en soi et son estime de soi.

Malheureusement, le phénomène est terriblement courant: presque 12% des enfants de cycle 3 et 10% des collégiens sont concernés… 3,5% au lycée. Il existe un pic de cas en CM2 et en 6ème.

L’enfant finit souvent par éviter l’école et peut développer une phobie scolaire.

 

Pourquoi mon enfant?

On ne peut pas parler de profil type de l’élève harcelé. Ce qui est sûr, c’est que cela arrive à une période de plus grande vulnérabilité pour un enfant qui va alors être vu comme une cible facile. L’agression par le harceleur vise à assoir son autorité sociale. IL n’y a pas non plus de profil type du harceleur… cela peut même être un ancien harcelé…

L’enfant harcelé se défend souvent mollement par manque d’affirmation de soi. Cette attitude passive assoit souvent l’autorité du harceleur qui en retire davantage de pouvoir. Cela contribue à maintenir le problème et même à l’amplifier.

 

Comment m’en rendre compte?

Il est rare que l’enfant l’évoque de but en blanc. On observera le plus souvent de subtiles comportements d’évitement (WC, transports scolaires, récré, …), des somatisations diverses qui sont le reflet du stress, un refuge dans les jeux vidéos ou de l’agressivité uniquement en contexte familial.

 

Que faire dans ce cas?

  • Poser explicitement la question
  • Si l’enfant nie … on peut lui dire « Ma collègue m’a raconté que sa fille n’avait plus envie d’aller à l’école. Quand elle a pu expliquer qu’elle avait peur de se faire à nouveau embêter la situation a pu se résoudre… »
  • Valoriser le courage d’en avoir parlé
  • Faire décrire précisément le problème: le contexte, ce qui est précisément dit ou fait et surtout la réponse de l’enfant.
  • éviter de faire à sa place et de solliciter immédiatement les adultes de l’école (sauf dans les cas graves)
  • Expliquer à l’enfant que le comportement se maintient par sa réaction passive et son retrait. Valoriser ses ressources pour faire face et proposez lui votre aide pour l’entraîner à gérer la situation.
  • Si le harcèlement est récent, coacher l’enfant pour produire une réponse affirmée qui montrera à son adversaire qu’il n’est pas disposé à se laisser faire, la rejouer en jeux de rôles autant de fois que nécessaire. L’enfant doit comprendre la technique du clash verbal pour ne pas renforcer l’autorité sociale du harceleur. Ce dernier doit percevoir le danger pour lui de répéter ce type de comportement pour son statut social. Par exemple: À « Boutonneux , gros lard », l’enfant pourrait répondre « C’est gentil de t’inquiéter pour moi, rassure-toi, je suis pris en charge… par contre je m’inquiète vraiment pour l’état de ton cerveau parce que là, ce sera peut être moins facile».
  • Explorer son sentiment de peur: de quoi a-t-il peur? Quel est le pire qui pourrait arriver? Expérimenter en jeux de rôles toutes ses peurs et envisager avec lui des stratégies pour faire face.
  • Alerter un adulte de l’école en soutien à votre enfant. Dans un premier temps, l’adulte doit éviter d’intervenir explicitement auprès du harceleur pour éviter toute représailles … mais votre enfant doit être soutenu discrètement dans sa démarche d’affirmation de soi. Bien sûr, la vigilance de l’adulte permettra qu’il intervienne en cas de flagrant délit mais surtout, l’adulte restera à proximité du jeune harcelé lorsqu’il aura à s’affirmer.

 

La démarche que je vous décris n’est pas évidente à mettre en œuvre ni pour votre enfant, ni pour vous qui êtes sans doute sous le coup de l’émotion. Or, cette stratégie a le mérite d’outiller durablement votre enfant à l’affirmation de soi afin que ce type de situation ne se reproduise plus. Si vous choisissez d’intervenir à sa place, vous lui envoyez le message implicite qu’il ne sait pas gérer le problème et prenez le risque que la situation se répète dans d’autres contextes.

La vie dans une cours de récré n’est pas facile. L’enfant doit en apprendre les codes le plus précocement possible. Je suis favorable à un apprentissage précoce de l’affirmation de soi. N’hésitez pas à me laisser en commentaires vos témoignages de situations de harcèlement scolaire.

Pour aller plus loin:

Pour les parents… et pour les enfants


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