Addiction aux écrans

Que peut-il se cacher derrière une addiction aux jeux vidéos chez un ado ?

Que peut-il se cacher derrière une addiction aux écrans chez un ado ? La consommation excessive d’écrans est une source de préoccupation majeure chez les professionnels de l’enfance. Bien sûr, les jeux vidéos sont créés de manière à être profondément addictifs. Mais l’addiction ne s’explique-t-elle que par le talent des créateurs de ces petites merveilles ?
Je voudrais vous raconter l’histoire d’un de mes patients. Appelons-le Théo par souci d’anonymat. Ce jeune garçon a 15 ans. Théo présente un mal être important depuis plusieurs années. Son année de seconde est une catastrophe. Parti au premier trimestre avec une moyenne honorable, cet adolescent sans difficulté d’apprentissage particulière s’est effondré au fil de l’année. Au point qu’il redoublera sa seconde l’année prochaine. Derrière son apparente timidité, Théo est un garçon adorable, fort bien éduqué. Il manque énormément de confiance en lui et vit très mal la chute de ses résultats scolaires. Théo a quelques copains à l’école mais il ne les rencontre pas en dehors des cours. D’ailleurs, Théo ne communique que par le biais des jeux vidéos et sur les jeux vidéos. C’est son univers. A la maison, il ne fait plus que ça. Il parle peu et s’énerve très facilement. Il arrive à Théo d’avoir très mal au ventre et de vomir. Il est décrit comme un ado anxieux par ses parents. Le jeune garçon se réfugie facilement dans la nourriture … comme en témoigne son obésité. Du coup, il ne fait plus de sport… moins par manque de motivation que par peur de sembler ridicule aux yeux des autres. Théo est tombé dans un affreux cercle vicieux que seuls les jeux vidéos semblent momentanément apaiser… d’où l’addiction. Théo a un vécu social difficile : bagarreur en maternelle, timide dès tout petit et harcelé au collège. Aujourd’hui, Théo évite toutes les relations sociales. Il a une peur maladive du regard des autres, qu’il interprète systématiquement comme un jugement sur sa personne. Il souffre de phobie sociale.
La phobie sociale est une des premières causes de phobie scolaire et d’addiction aux jeux vidéos. C’est un trouble extrêmement courant qui passe parfois inaperçu pendant de nombreuses années … et que les professionnels découvrent bien plus tard, à l’âge adulte, au détour d’une addiction à l’alcool.

Que faire ?
De manière préventive, il convient d’être attentif à toute timidité excessive ou à un jeune enfant bagarreur qui peut mettre en place ce type de comportement tant il se sent menacé. L’anxiété sociale, si elle est prise en charge précocement par un psychologue, peut se traiter facilement. Il convient d’habituer votre enfant aux relations sociales dès le plus jeune âge et à ne pas le laisser s’enfermer dans sa chambre et dans ses jeux vidéos. Dès l’école maternelle, invitez des petits copains, organisez des sorties, rencontrez-vous entre parents… C’est par exposition aux situations sociales que ce trouble se surmonte. Au primaire, au collège et au lycée, continuez à ouvrir les portes de votre maison…

Faut-il le rappeler, la consommation d’écran ne doit pas être en libre service. Elle doit être contrôlée et ajustée au fil du développement de l’enfant. Même à 17 ans ! Des applis de contrôle parental (comme « Parents dans les parages » par exemple) sont un excellent système de gestion du temps d’écran. Tenez bon ! Ce n’est pas facile, parole de maman de 3 enfants!
Pour Théo, nous commençons notre travail thérapeutique en gestion du stress puisque c’est sa demande puis nous aborderons le lien social par l’exposition à des jeunes de son âge et l’apprentissage de techniques d’affirmation de soi. Les jeux vidéos ne sont pas diabolisés mais remplacés à certains moments de la journée par d’autres activités.
N’hésitez pas à me faire part de vos témoignages ou questions dans les commentaires ci-dessous.

Virginie Bossut-Hubaut
Psychologue

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