Son endormissement est difficile… j’ai peur qu’il soit fatigué pour l’école. Que faire?

Il a des difficultés d’endormissement? Il peut même mettre plusieurs heures avant de trouver le sommeil? Cela vous préoccupe car vous savez pertinemment que le manque de sommeil a un impact sur la concentration et les apprentissages. Vous avez tout à fait raison.

Alors que faire pour sortir de ce problème? Voici quelques pistes pour faire face.

Une attitude différente selon l’âge

C’est bien connu, certains enfants rechignent à se coucher le soir. La nuit est un passage qui peut être angoissant pour un enfant, d’autant plus qu’il n’est pas sécure, c’est à dire capable de supporter la séparation d’avec ses parents et de se rassurer tout seul.

Classiquement, quasi tous les enfants passent tous par une phase plus difficile autour de deux ans mais votre attitude de parents sera déterminante car ce cap est fondamental pour sa construction psychique.

Les difficultés d’endormissement sont souvent en lien avec de l’anxiété

Le coucher et la phase d’endormissement sont des moments où, dans l’intimité de son lit, peuvent ressurgir les tensions de la journée. Si la journée a été compliquée (problèmes relationnels, familiaux ou scolaires) cette phase risque d’être d’autant plus critique.

Il convient d’être attentif à toute source de contrariété dans la vie de votre enfant. Si les difficultés d’endormissement apparaissent brutalement, c’est que votre enfant traverse une période difficile. A vous de jouer au détective et d’émettre subtilement vos hypothèses en lui disant des phrases du genre: “Tatie Claudine a un cancer. Cela nous préoccupe beaucoup. Est-ce que toi aussi ça te préoccupe?” ou “j’ai l’impression que certains enfants ne sont pas toujours très gentils dans ta classe….”

Mais si les choses ont toujours été ainsi, il faut se préoccuper d’un autre phénomène explicatif: est-ce que je mets suffisamment de règles à mon enfant? Un enfant-roi rechignera davantage à se coucher supportant difficilement l’injonction parentale lui demandant de le faire. Si votre enfant a obtenu par le passé des bénéfices en retardant l’heure du coucher (encore un bisou, tu restes un petit peu à côté de moi, tu t’endors sur le canapé…), pas étonnant que le problème se maintienne. C’est aussi pourquoi il convient de limiter les rituels du coucher dans le temps car on donne un signal paradoxal à l’enfant qu’il a raison d’être inquiet à l’idée de se coucher. N’oubliez jamais que les enfants-rois deviendront des enfants anxieux. Cela s’entretient.

Au fur et à mesure que votre enfant grandit, l’intervention parentale au coucher sera moindre, l’enfant aura une plus grande autonomie et latitude mais les limites resteront essentielles car l’horaire et les activités choisies ne doivent pas contrevenir au sommeil.

Quelques conseils pour faciliter l’endormissement

  • Au moment du coucher, l’ambiance familiale doit être la plus calme et détendue possible: on évitera toute discussion houleuse, tout conflit, toute activité physique, les jeux vidéos,  les infos à la TV et le bruit.
  • Anticipez toujours l’heure du coucher en le prévenant d’avance et donc éviter de l’interrompre dans ses activités. Les habitudes ont du bon. Les enfants ont besoin de repères de temps. Par exemple: on monte à 20h30 et on éteint à 21h.
  • Mettre en place un rituel du coucher. Pour les plus jeunes, ce sera l’histoire mais on pourra aussi prévoir pour les enfants (surtout s’ils sont plus grands) un temps d’échange sur le déroulé de la journée et les contrariétés du jour. Cela lui permettra d’exprimer ses craintes et ses angoisses. Les histoires ont le bienfait de mettre en mots les soucis d’enfants qu’ils peuvent vivre dans la journée. Ainsi, même si votre enfant peine à mettre des mots sur ce qu’il vit, cette approche peut considérablement l’aider. C’est aussi une raison pour laquelle on conseille un temps de lecture le soir.
  • Laisser à l’enfant une transition douce entre le rituel du coucher et l’endormissement en lui permettant par exemple de lire pendant un certain laps de temps, d’écouter un petite méditation ou de la musique douce. On veillera à ce que la lumière soit douce et on bannira tout écran. Ce type d’activité permet également une restriction spontanée des mouvements physiques et du rythme de la respiration favorisant l’endormissement.
  • Soyez attentif aux signes de fatigue de votre enfant dans la soirée afin de rapprocher l’heure du coucher de ces signaux. On pourra par exemple repérer les bâillements, le petit frisson, les chouinements, silence, diminution spontanée de l’activité, colère, repli dans un coin… Si on passe le cap, on risque de décaler le sommeil d’un train… et donc de retarder l’endormissement. D’ailleurs, il vaut mieux être déjà dans son lit lorsque ces précieux signaux arrivent. C’est pourquoi votre observation attentive est essentielle!
  • Veillez à lui donner une dose d’affection et d’attention quotidienne même en cas d’emploi du temps chargé. Cela contribuera à le sécuriser sur le plan affectif et donc à favoriser l’abandon dans le sommeil.
  • Attention à l’inverse à ne pas trop le stimuler avant le coucher car cela aurait un impact inverse.
  • Soyez attentif avec vos propres difficultés de sommeil et votre rapport à la nuit. Si vous-même n’avez pas une relation sereine avec le sommeil, vous ne parviendrez pas à apaiser votre enfant et renforcerez malgré vous son anxiété. Il est donc préférable de confier le coucher à votre conjoint et à travailler psychologiquement sur vous mêmes.
  • On évitera autant que possible tout sédatif, même homéopathique pour ne pas ancrer chez l’enfant que son sommeil dépend d’une substance, au risque d’en faire un insomniaque chronique.
  • N’acceptez pas que votre enfant se relève.

Sortir du cercle vicieux

Plus vous allez stresser à l’idée que votre enfant ne dorme pas suffisamment, plus vous aller aggraver le problème. S’il est vrai que c’est problématique, trop focaliser sur le problème le renforce.

Ne le levez pas plus tard pour autant. Au contraire, l’heure du coucher se recale grâce à l’heure du réveil.

Dédramatisez les difficultés d’endormissement. Donnez lui des petits trucs pour s’endormir: compter, se voir sur la plage des vacances ou respirer en cohérence cardiaque (voir la suggestion ci-dessous). N’en faîtes pas un sujet de conversation central dans la famille.

Permettez-lui de faire une petite sieste réparatrice. Elle doit être brève, d’une vingtaine de minutes pour les plus grands. Cela peut être aussi un temps calme. Car, paradoxalement, plus on est fatigué de sa journée, moins on arrive à dormir car les jeunes enfants sont souvent surexcités par la fatigue. Les enfants de moins de 3 ans DOIVENT impérativement être mis à la sieste.

J’espère que cet article aura pu vous aider. Juste un petit mot pour finir. Attention, certains enfants sont tellement stimulés que le coucher est le seul moment de la journée où ils se retrouvent seuls et sans activité. La décélération s’impose… Le mieux est parfois l’ennemi du bien.

Virginie BOSSUT HUBAUT

Psychologue spécialisée dans l’éducation et en thérapie cognitive et comportementale.

Des petits coups de pouce…



Partager l'article
  •  
  •  
  • 47
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    47
    Partages
  • 47
    Partages

One comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *