mémoire de travail

Mon enfant a des difficultés d’apprentissage. Pourquoi me parle-t-on de difficultés en mémoire de travail ?

Votre enfant a réalisé un test psychométrique et on vous parle d’une faiblesse de la mémoire de travail ?

1/ Qu’est-ce que la mémoire de travail ?

Les difficultés en mémoire de travail sont très souvent associées aux troubles des apprentissages.

La mémoire de travail est comparable à  la mémoire vive de l’ordinateur. Il s’agit d’une mémoire à court terme, qui permet à la fois de retenir une information et à la fois de réfléchir sur cette information  grâce à nos connaissances en mémoire à  long terme. 

Cette mémoire de travail est fondamentale dans toute activité d’apprentissage : calcul mental, compréhension de consignes, lecture, suivi d’une conversation, etc…

La mémoire de travail n’est pas une entité isolée : elle dépend des aptitudes intellectuelles, des capacités attentionnelles … mais aussi de la familiarité du contenu à assimiler et de la capacité du cerveau à traiter l’ordre d’apparition des informations.

Ainsi, une faiblesse de la mémoire de travail peut être en lien avec l’un ou l’autre de ces éléments.

Il existe deux types de mémoire de travail : la mémoire de travail auditivo-verbale et la mémoire de travail visuo-spatiale. En ce qui concerne la mémoire de travail auditivo-verbale, toute difficulté langagière aura un impact sur la qualité de la mémoire de travail concernée. De même, il existe un lien fort entre les connaissances en mémoire à  long terme et la mémoire de travail visuo-spatiale.

On a vu également que l’ordre d’apparition des informations est un élément déterminant, tellement déterminant que la capacité de l’enfant à assimiler la séquentialité du contenu pourrait être un prédicteur de ses capacités d’apprentissage.

Par ailleurs, la mémoire de travail est grande consommatrice de ressources attentionnelles. En effet, l’enfant doit tout d’abord « capter » l’information à traiter mais aussi la conserver dans son champ attentionnel tout au long du traitement. Plus l’information nécessite un traitement cognitif, plus les ressources attentionnelles sont cruciales. C’est pourquoi une tâche automatisée requiert moins d’attention. En effet, vous pouvez, à présent, en tant que conducteur expérimenté, conduire tout en écoutant les infos ou en tenant une conversation, ce qui n’était pas le cas lorsque vous avez commencé à apprendre à conduire…

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2/ Lorsque la mémoire de travail dysfonctionne…

On a vu que les troubles des apprentissages étaient bien souvent associés à un déficit de la mémoire de travail. Mais on l’a vu, le déficit peut toucher différents processus et n’aura donc pas le même impact sur les apprentissages.

– Le cas de la dyslexie

Dans le cas de la dyslexie, on observe très souvent un déficit de la mémoire de travail auditivo-verbale. Ce déficit sera même persistant quand bien même les capacités en lecture pourraient être normalisées avec le temps. Cela semble en lien avec les difficultés phonologiques qui sont, eux-mêmes, très souvent associées à la dyslexie. En effet, on a vu que l’efficacité de la mémoire de travail était en lien étroit avec le contenu de la mémoire à long terme. Ainsi, toute faiblesse dans cette dernière perturbera la mémoire de travail.

Pourtant, on a pu aussi observer dans certains cas, un déficit de la mémoire de travail visuo-spatiale. Les recherches ont alors montré que la dyslexie pouvait impliquer également un déficit à traiter (et à maintenir) la séquentialité des informations. Cette donnée est donc fondamentale pour la remédiation cognitive de la dyslexie.

Par ailleurs, évidemment, la mémoire sera aussi plus fragile par le simple fait que la lecture n’étant pas automatisée, la mémoire de travail est alors très gourmande en ressources attentionnelles. Ces dernières n’étant pas illimitées, il n’en reste donc plus beaucoup en réserve pour mener d’autres tâches simultanées.

– Le cas de la dyscalculie :

Très souvent, les difficultés en mémoire de travail viennent de la difficulté pour la mémoire de travail de ces enfants à stocker et à traiter l’information, en y allouant des ressources attentionnelles suffisantes. Or, les études ont montré, dans ce trouble, que le traitement sériel de l’information était davantage  impliqué.

La mémoire de travail est centrale dans l’acte d’apprendre.

On voit ici toute la complexité du traitement de l’information du cerveau humain. Les troubles des apprentissages constituent un domaine complexe. Il convient de vous adresser à des professionnels spécialisés dans ce domaine afin de véritablement cibler les fonctions défaillantes et ainsi pouvoir y remédier.

Virginie BOSSUT-HUBAUT

Psychologue clinicienne spécialiste de l’éducation.

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