Le deuil chez l'enfant

SA MAMIE VIENT DE MOURIR, COMMENT RÉAGIR? 7 CONSEILS POUR SURMONTER LE DEUIL CHEZ L’ENFANT

Le deuil chez l’enfant est très particulier car il dépend du développement cognitif. L’effet sur l’enfant sera donc très dépendant de la représentation du phénomène, de l’etat émotionnel de son environnement et des changements d’habitudes de vie provoqués par la perte.

A chaque âge sa compréhension de la mort

 Avant 6 ans, la notion de mort reste très floue et la compréhension de ce concept est influencée par la pensée magique (si on souhaite la mort de quelqu’un, il meurt) et par l’idée que la mort puisse être contagieuse.

Ce n’est qu’à partir de 7-8 ans que l’enfant comprend le principe d’universalité (« On est tous amené à mourir un jour ») et d’irréversibilité: « Non, elle ne reviendra plus jamais ». Et plus tard dans le développement, survient l’acquisition du principe d’universalité: ». C’est vers 10 ans que ces concepts sont pleinement compris.

La découverte de ces deux grands principes est naturellement angoissante. La mort fait d’ailleurs partie des peurs universelles.

Le très jeune enfant sera surtout impacté par les émotions de ses proches et par tout changement d’habitudes induit par la perte de la personne. C’est le cas par exemple si c’était mamie qui le gardait. L’enfant est une éponge émotionnelle.

L’enfant plus âgé se représentera beaucoup mieux la perte de la personne et pourra peut être aussi exprimer qu’elle lui manque.

Des réactions contrastées et en dents de scie

 À l’annonce et au cours de la période qui va suivre, l’enfant peut parfois être surprenant. Il peut sembler très indifférent. J’ai par exemple vu un enfant de 8 ans jouer sur les tombes du cimetière pendant que l’on enterrait sa mère.

Mais l’enfant peut aussi à d’autres moments s’effondrer en larmes sans raison apparente. La fatigue et les petits évènements négatifs vont alors être le déclencheur de torrents de larmes. ….

L’impact du deuil chez l’enfant

L’enfant ou l’adolescent en deuil ne réagit pas tout à fait comme l’adulte, on l’a vu. S’il peut être triste dans certaines circonstances, c’est surtout par son instabilité ou son hypersensibilité, et donc ses humeurs explosives que sa détresse se manifestera le plus.

Le deuil impact également l’attention et la mémorisation, d’où une possible chute du rendement scolaire. S’il reste transitoire, tout va bien.

Un questionnement angoissant

La mort est un mystère. Même si les religions tentent d’y donner du sens, notre finitude reste angoissante pour les être humains que nous sommes. Les enfants n’y échappent pas. Si le questionnement au sujet de la mort est fréquent dès l’âge de 6 ans, l’enfant endeuillé ressent les choses de manière d’autant plus aiguë et intense. Ce que l’enfant craint surtout, c’est moins sa propre mort que celles de ses proches. À ce moment peuvent se réactiver une forte anxiété de séparation.

Il est important de ne pas faire de la mort un tabou. Il faudrait idéalement en parler librement. C’est très soulageant pour l’enfant. Il existe des livres très bien faits que vous trouverez ci-dessous.

7 conseils pour aider votre enfant?

  • Lui proposer d’assister aux funérailles en lui expliquant au préalable tout ce à quoi il va assister. Lui donner un maximum de détails et le laisser choisir en connaissance de cause bien sûr
  • Le rendre actif: l’encourager à laisser un dessin ou un petit mot dans le cercueil, pourquoi pas un objet (attention, surtout pas son doudou!). Pendant la cérémonie, on peut lui proposer d’allumer les bougies ou de dire un petit texte.
  • Éviter le musée des souvenirs à la maison. Les photos ne doivent pas être trop envahissantes. Une photo dans un cadre discret est tout à fait suffisant. On évitera la photo sur la table de nuit. On peut lui proposer de confectionner une petite boîte souvenir dans laquelle il déposera tout ce qui lui semble important pour honorer le défunt. Les enfants qui ont perdu un parent pourront par exemple y déposer le cadeau confectionné à l’école à l’occasion de la fête des pères ou des mères.
  • Parler de la mort et du défunt. Votre enfant en a besoin. Peut-être ne vous sentez vous pas la force d’échanger à ce sujet pour l’instant. Missionnez une personne proche de votre entourage pour en discuter avec lui et dites-lui à qui il peut poser ses questions, organisez éventuellement une petite sortie sympa entre ces deux personnes. Rassurez-le en lui précisant que dans quelques semaines il vous sera beaucoup plus facile d’en échanger avec lui.
  • Répondre à toutes les questions … et avouer lorsque vous ne savez pas. Les petits livres peuvent être utiles. Si vous avez une religion ou une activité spirituelle, dites lui en quoi vous croyez.
  • Consulter si besoin (Soyez attentifs aux changements de comportement et aux difficultés d’ apprentissage).
  • Expliquer lui la notion de travail de deuil. Il s’agit d’un chemin que l’on traverse. Il est douloureux mais aboutit toujours à un soulagement. Il est variable selon les personnes. Petit à petit, l’enfant se sentira moins triste même s’il n’oubliera jamais la personne.

Trois petits livres vraiment intéressants pour parler de la mort avec les enfants:

Virginie Bossut

Psychologue clinicienne

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