Doubler or not doubler ? Le redoublement en question

Le redoublement est-il utile?
Le redoublement est-il utile?

 

Lorsque la réussite scolaire n’est pas au rendez-vous, le redoublement constitue une solution de remédiation proposée par l’école ou demandée par les familles.

 

Mais le redoublement est-il vraiment utile ? Mais surtout, pourrait-il être contre-productif ?

En Europe, la France montre l’un des plus forts taux de redoublement (17,8%), juste derrière les Pays Bas et le Portugal. En France, 28.4% des élèves de 15 ans ont déjà redoublé au moins une fois! Or, depuis septembre 2015, la France a décidé de rendre cette option exceptionnelle après accord des familles:

  • En cas de rupture des apprentissages scolaires. C’est le cas notamment des élèves ayant subi beaucoup d’absences en raison de maladie ou de raisons familiales particulières.
  • En fin de 3ème lorsque la proposition d’orientation ne convient pas à la famille.

Dans ces conditions, l’élève redoublant devra bénéficier d’un accompagnement pédagogique spécifique, qui peut comprendre un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative).

Pourquoi un tel revirement ?

De nombreuses recherches ont montré les éléments suivants:

  • Le manque d’efficacité de ce dispositif : les élèves passant dans le niveau supérieur, malgré leurs difficultés, et ayant bénéficié d’un programme de remédiation obtiennent de bien meilleurs résultats que ceux ayant redoublé.
  • La confiance de l’élève en ses capacités d’apprentissage diminue. C’est alors un cercle vicieux qui se met en place : l’échec met à mal la confiance en soi… et le manque de confiance en soi génère de nouveaux échecs. D’où le découragement…
  • L’aspect démotivant du redoublement
  • Un décrochage scolaire plus fréquent… et donc un abandon plus précoce des études
  • Dans le cadre d’un trouble des apprentissages avéré, le redoublement, dans les mêmes conditions, ne permettra pas à l’enfant de surmonter ses difficultés.

Ces recherches vont à l’encontre des représentations des enseignants qui, pour beaucoup, voient dans le redoublement l’occasion unique de rattraper des lacunes ou de gagner en maturité. C’est bien là tout le problème…

Il faut dire que l’école française a concrètement peu de moyens pour accompagner ces élèves qui passent « à l’ancienneté ».

Le PPRE parait bien dérisoire au regard de l’ampleur de certaines difficultés…

C’est en réalité tout le système scolaire qu’il faudrait repenser, et notamment la différenciation pédagogique pour permettre à chacun d’arriver au secondaire avec un bagage minimal de compétences… mais avec un rythme et des moyens différents.

Alors que faire concrètement ?

  • Il convient avant tout de poser le bon diagnostic sur les difficultés de votre enfant. S’agit-il d’un trouble des apprentissages ? de difficultés d’attention engendrant alors bien davantage des réussites en dents de scie ? A-t-il eu un mauvais départ et des lacunes accumulées (méthode pédagogique peu adaptée ou difficultés psychologiques passagères comme un deuil par exemple?), Votre enfant manque-t-il de méthode ? Paradoxalement, s’ennuie-t-il  (c’est souvent le cas du haut potentiel)?

Autant de questions que seul un bilan complet (psychométrique, éventuellement neuropsychologique, orthophonique et scolaire) pourra examiner précisément.

  • Envisager un possible changement d’établissement afin de trouver l’équipe pédagogique la plus étayante possible. Je sais que je vais fâcher les adeptes de l’école de secteur… mais qu’importe, le bien-être de nos enfants vaut parfois mieux que les idéaux politiquement corrects.
  • S’associer à l’équipe pédagogique pour mettre en place un programme personnalisé. En tant que parents, vous allez également devoir vous engager. C’est essentiel. Cet engagement peut prendre la forme de suivis paramédicaux divers, d’aide aux devoirs, exercices spécifiques pendant les vacances ou le week-end, mise en place de routines particulières, … Le dialogue est essentiel afin de cibler tous les leviers possibles.
  • Impliquer l’élève au maximum dans les objectifs et valoriser ses réussites. Il pourra être utile de mettre en place un programme de récompenses des efforts fournis afin de soutenir ses progrès.
  • Une activité extra-scolaire valorisante aura toute sa place dans ce dispositif afin de soutenir l’enfant dans sa confiance en soi.
  • Sortir le week-end pour visiter ou faire des activités qui l’aideront à donner du sens à ses apprentissages.
  • Travailler à la connaissance des métiers et envisager une réelle réflexion sur l’orientation. L’idée n’est pas de l’orienter précocement vers une voie professionnelle mais de lui donner un but.

La difficulté scolaire est difficile à vivre pour l’élève et sa famille. Le redoublement n’est pas la panacée… loin de là…

Allier les forces en présence dans le but de l’épanouissement du jeune est un formidable levier vers le progrès… Avec énergie et confiance, un programme spécifique de soutien et de remédiation est bien nettement plus stimulant et efficace qu’un redoublement contre-productif.

Virginie BOSSUT

Psychologue de l’éducation

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One comment

  1. D’après tous les professeurs que j’ai eu j’aurais du redoubler toutes mes classes depuis le CP (5-6 ans) jusqu’à la 1première BAC Professionnel (16-17ans). Je n’ai redouble que la 1ère 4ème j’avais 11,…/20 environ de moyenne contre 7/20 ou 4/20 pour mon redoublement et je dormait encore+ tous les jours d’écoles; au final je n’étais réveillé que le soir à partir de 17h30 quand je rentrais chez moi.
    Donc cela fut totalement inutile pour mon cas et j’ai perdu 1 année dans laquelle je n’étais même plus du tout motivé à continuer mes propres études personnel sur mes camarades de l’époque.

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