Il écrit mal

Il écrit mal et/ou lentement: comment l’aider?

Il écrit mal? … Même au 21 siècle où l’on écrit de moins en moins dans la vie quotidienne, l’écriture manuscrite occupe une place importante à l’école. En effet, elle représente plus de la moitié des activités scolaires… et peut même aller jusqu’à deux tiers!

L’écriture: une acquisition longue et complexe

L’écriture est un geste complexe. En effet, en plus de la maîtrise du mouvement, elle implique une coordination des habiletés cognitives, perceptives, attentionnelles et linguistiques. C’est pourquoi l’acquisition de l’écriture se fait de la petite section au collège!

Une écriture efficace, c’est une écriture lisible et suffisamment rapide. L’enjeu est de libérer le cerveau de l’attention que cette activité nécessite pour accéder à des activités d’un niveau supérieur comme l’orthographe, la syntaxe, l’organisation des idées…

Quand tout ne fonctionne pas comme prévu…

Malgré cet apprentissage intensif, certains enfants ne maîtrisent pas suffisamment l’acte d’écrire. On appelle cela une dysgraphie. On utilise ce terme lorsque la qualité de l’écriture est déficiente en dehors de tout déficit neurologique ou intellectuel important qui pourraient expliquer ce problème.

On observe souvent ces difficultés d’écriture dans le Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité, dans les dyslexies … mais surtout dans les dyspraxies.

On ne posera ce diagnostic qu’après 2 années d’apprentissage explicite de l’écriture, soit après le CE1.

Le diagnostic est pluri-disciplinaire: orthophoniste, psychologue, orthoptiste, psychomotricien ou ergothérapeute et médecin.

L’enjeu majeur d’apporter une aide à l’enfant

Ne pas diagnostiquer la dysgraphie … et bien sûr ne pas intervenir peut avoir de graves conséquences. En effet, l’enfant, en situation de double tâche cognitive, sera alors gêné dans ses autres apprentissages scolaires. Cela pourra engendrer de la fatigue, de l’anxiété, de la démotivation, un manque de confiance en soi… un échec scolaire… et, pour boucler la boucle, des affects dépressifs!

Attention de ne pas passer à côté car l’écriture peut être correcte mais pas du tout fonctionnelle par sa lenteur et donc son coût cognitif! Consultez donc un psychomotricien ou un ergothérapeute qui commencera par passer un test que l’on appelle le BHK.

Comment l’aider?

Une rééducation s’impose chez un psychomotricien ou un ergothérapeute. Le but est de permettre à l’enfant de retrouver une écriture fonctionnelle en classe, c’est à dire lisible et suffisamment rapide pour lui permettre d’accéder à toutes les autres acquisitions scolaires (grammaire, orthographe, prise de notes, rédaction, …)

Le praticien évaluera la qualité et la rapidité de l’écriture mais aussi d’autres fonctions motrices, cognitives et neuro-visuelles. Il se fera pour cela aider par d’autres professionnelles.

Il existe deux types de prise en charge: celles orientées vers le déficit et celles orientées vers la performance. Les études ont montré que les secondes s’avéraient plus efficaces, en particulier pour les enfants dyspraxiques.

Dans ces rééducations orientées vers la performance, on gagnera à cibler la tâche, c’est à dire l’apprentissage d’habiletés motrices spécifiques impliquées dans l’écriture.

Néanmoins, à ce stade des recherches scientifiques, aucune rééducation ne fait consensus et une combinaison d’approches est intéressante. Il faut dire que les enfants sont tous différents!

Mais qu’est ce qu’une rééducation efficace?

Une rééducation est efficace si elle inclut des exercices d’écriture et si elle comporte au minimum 20 séances.

On privilégiera autant que possible de courtes séances de 20 minutes… mais plus fréquentes (deux fois par semaine par exemple).

Les exercices d’écriture viseront un enseignement explicite de l’écriture de la lettre ou du chiffre. C’est à dire qu’on expliquera comment faire et on y inclura des flèches pour donner une direction aux traits à tracer. Pour les enfants dyspraxiques, on évitera de faire repasser sur des formes en pointillés.

Quand s’arrêter?

Tous les enfants n’arriveront pas au même niveau. On cherche surtout à  ce que l’ écriture soit efficace et donc qu’elle ne soit plus coûteuse sur le plan cognitif.

Il est à noter que plus on intervient tôt, plus on est efficace.

On pourra aussi mettre en place des moyens de compensation:

  • Proposer des feuilles lignées colorées
  • Doter l’enfant d’un ordinateur. Attention, il doit y avoir apprentissage explicite du clavier et des logiciels par un professionnel avant de le confier à l’enfant en classe!
  • Avoir un AVS (auxiliaire de vie scolaire) qui servira de secrétaire  ou un logiciel de dictée vocale.

Ces stratégies ne s’excluent pas … mais attention, aux examens, en France, les examens ne sont pas (à ce jour) sous format numérique… ces outils lui seront peu utiles dans de telles circonstances… il aura droit à un secrétaire.

Allez la France! On se met à la page svp!!!

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