Récompenser ou pas?

FAUT-IL RECOMPENSER SON ENFANT LORSQU’IL A DE BONS RESULTATS SCOLAIRES ?

Récompenser son enfant ou pas lorsqu’il a bien travaillé? C’est une bonne question…

Je vois en consultation des parents qui offrent un cadeau à chaque bulletin satisfaisant… Mes parents eux-mêmes avaient mis en place un système de récompenses où chaque note au dessus de 14 me permettait de gagner 5 francs (eh oui, ça donne un coup de vieux 😉 ), somme que je devais restituer pour chaque note en dessous de 14. Certes, cela ne m’a pas traumatisé et j’étais plutôt bonne élève… une chance sinon j’aurais été à découvert ! Ils voulaient bien faire et je reconnais que ce système me stimulait. Néanmoins, j’ai connu au cours de ma scolarité et de mes études une forte anxiété de performance et un grand perfectionnisme sur lesquels je travaille encore aujourd’hui…

Alors je trouve que cette question mérite d’être posée et éclairée selon les recherches en psychologie.

 

Un besoin de reconnaissance sociale

C’est humain, nous avons besoin de reconnaissance sociale. Un message positif, des encouragements, des félicitations et nous nous sentons pousser des ailes. Pourquoi en priver nos enfants ? Mais une phrase suffit, ou même un petit bisou ou encore un geste affectueux.

C’est parfois difficile pour certains d’entre nous qui n’avons pas été habitués à cela en tant qu’enfants. On se sent mal à l’aise ou parfois ça ne vient pas…

On peut aussi faire un goûter ou un apéro festif pour célébrer la réussite.

Mais de là à offrir un cadeau… Non, ce n’est pas de l’avarice mais une question de motivation.

 

Motivation intrinsèque et  motivation extrinsèque

Les enfants sont naturellement câblés pour apprendre. Ils le font avec naturel et plaisir. C’est ce qu’on appelle la motivation intrinsèque. C’est une motivation pure qui se nourrit du plaisir de la connaissance et du dépassement de soi. Elle est naturellement présente chez l’enfant et peut s’étioler sous l’effet de circonstances extérieures ou parfois de l’adolescence (c’est alors momentané).

Mais ce qui détruit la motivation intrinsèque, c’est la motivation extrinsèque. C’est à dire le fait de faire les choses dans l’objectif d’obtenir une récompense. Une vieille étude de psychologie avait montré qu’en payant des sportifs pour exercer leur passion, leur motivation s’est considérablement étiolée. Hum, …ça laisse songeur…

C’est donc le même principe, si vous contingentez les apprentissages par une récompense extérieure, malgré vous, vous détruisez cette soif de savoir. L’enfant finira par ne travailler que pour la récompense … et il en faudra toujours plus pour le satisfaire.

Les études de management ont d’ailleurs montré que la prime pour gratifier une travail bien fait n’était pas le levier de motivation le plus efficace en entreprise.

 

Valoriser l’effort et non la réussite

Récompenser les réussites renvoie implicitement à l’enfant un message négatif : « il ne faut pas échouer ». Or, l’échec, c’est la vie… et pourrait au final être le diplôme le plus utile dans la vie puisque l’on apprend considérablement de ses échecs.

Tal Ben Shahar, psychologue à Harvard, nous dit d’ailleurs « Si on n’apprend pas à échouer, on échoue à apprendre ».

Ne valoriser que les réussites, c’est prendre le risque de développer chez nos enfants une peur paralysante de l’échec et donc de nuire à la confiance en soi et à l’estime de soi.

Il vaut mieux donc encourager l’effort et la persévérance. Montrez-vous indulgent sur les échecs. Ayez une approche constructive.

Eviter les « je suis fier de toi »

On a bien besoin de savoir que nos parents sont fiers de nous … mais on a encore plus besoin d’être fier de nous-mêmes. Aussi, il vaut mieux dire à un enfant « Tu peux être fier de toi ».

Nous avons besoin de relier nos propres comportements à nos propres réussites … et à nos échecs. D’ailleurs, il y a quelques minutes, mon fils est rentré du collège en disant à mon mari : « Papa, tu ne vas pas être content, j’ai eu 11 à mon interro d’anglais ». C’est vous dire le travail à faire pour faire comprendre à un enfant qu’il travaille pour lui… et uniquement pour lui… et que quoiqu’il arrive on l’aimera toujours car il n’est pas ses résultats scolaires.

En plus, de la conquête de l’autonomie affective (je travaille pour moi et pas seulement pour faire plaisir), c’est indispensable pour développer une approche active de résolution de problème. Savoir que nous sommes pour quelque chose dans nos réussites et nos échecs permet de ne pas entrer dans le cercle vicieux de la résignation. Se sentir responsable, libre et autonome sont  des conditions sine qua non de la motivation.

Et vous, comment fonctionnez vous avec vos enfants ? Laissez moi un petit commentaire ci-dessous ?

Partager l'article
  •  
  •  
  • 60
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    60
    Partages
  • 60
    Partages

One comment

  1. Difficile d’éviter le “je suis fier de toi” peut être que mon père ne me l’a pas assez dit..
    On tente avec mon épouse de mettre en avant le fait que l’on travaille pour soi et se construire un avenir..lors de la remise des bulletins on félicite sur le travail general en mettant en avant les progrès faits par rapport au précédent relevé de notes et en fixant des axes de progression …toutefois en fin d’année un cadeau (livres jouets ou autres en fonction de l’âge et de l’envie du moment) pour récompenser le travail de l’année et le passage en classe supérieure..

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *