Pourquoi votre enfant ne devrait surtout pas être premier de classe…

Etre premier de classe, c’est avoir les meilleurs notes… Certains enfants deviennent vite addicts aux notes… surtout lorsqu’elles sont bonnes ou très bonnes. C’est aussi d’une certaine manière une récompense qui nourrit la motivation extrinsèque. Où est le problème me direz vous…

Toutes les motivations ne se valent pas

En effet, l’enfant peut perdre le plaisir d’apprendre à force de récompenses extérieures. Il finit par ne vivre que dans l’attente de la gratification. Et le jour où elle décline (ce qui ne manque pas d’arriver un jour ou l’autre), il peut se désintéresser de l’activité d’apprentissage. En effet, par les notes, on passe à côté du plaisir de savoir pour se shooter à l’adrénaline de la note.

La peur de perdre…

L’être humain est ainsi fait, il montre une réelle aversion à la perte. C’est une notion découverte en économie. Les commerciaux s’en sont d’ailleurs bien saisis. C’est pourquoi lorsque vous souhaitez acheter une voiture neuve, on vous la présente avec de nombreuses options et on vous demande ce que vous souhaitez enlever… Dur, dur en effet… Eh oui, nous sommes humains, nous vivons particulièrement mal la dégradation d’une situation. Nous avons une plus grande sensibilité à la perte qu’au gain. Les grandes stars de la chanson ou du cinéma le savent bien. Quelle angoisse à l’idée de devenir “has been”… et combien s’en sont brûlés les ailes à coup de drogues ou d’alcool…

Pour les enfants “têtes de classe”, il en est de même. Ils finissent par ne se focaliser que sur les (relatifs) échecs et se mettent souvent une pression importante.

Le bon élève est conformiste

Etre bon élève, c’est avant tout savoir se conformer à un système. Les têtes de classe sont souvent sages et appliqués. L’école nous apprend avant tout à nous conformer et à appliquer des règles. Très bien me direz vous? Oui, mais le conformisme tue la créativité dans l’oeuf.

L’enfant finit par avoir beaucoup de difficultés à penser en dehors du cadre. Le très bon élève cherche avant tout à bien reproduire, à bien faire. Si vous saviez le nombre d’enfants qui me disent en consultation tout gênés : “Tu sais, je ne sais pas dessiner”. Vraiment, cela me fend le cœur…

Un psychologue allemand (Karl Duncker) a d’ailleurs illustré avec une expérience très simple à quel point il est difficile pour les individus de penser à l’extérieur du cadre.Cette expérience consistait à partir d’un boîte d’allumettes, d’un bougie et d’une boîtes de punaises à fixer une bougie sur un tableau de liège au mur afin qu’elle ne coule ni sur le sol, ni sur la table lorsqu’on l’allumerait. La réponse attendue était de vider la boite de punaises et de se servir de ce contenant en le fixant au mur afin qu’il contienne la bougie , en guise de petite coupelle.

S’il a montré la difficulté qu’avaient les participants à trouver cette astuce (puisqu’il est difficile d’imaginer une autre finalité pour un objet que son usage habituel), le plus impressionnant dans cette expérience c’est qu’en récompensant financièrement les participants, on obtient finalement des délais de résolution de problèmes nettement plus allongés. Tout se passe comme si, en effet, la récompense bloquait la créativité et engourdissait la pensée.

Sur le chemin du perfectionnisme

Chercher coûte que coûte à respecter le cadre peut conduire à un perfectionnisme pathologique. Les très bons élèves cherchent toujours à faire mieux. L’addiction à la note les conduit d’une part à en vouloir toujours plus… mais aussi à force d’entendre les enseignants insister pour le reste des élèves moins dociles sur la conduite exemplaire à tenir, le premier de classe prend chaque remarque pour lui et cherche à faire toujours mieux.

En conclusion

J’ai conscience que cet article est un rien provocateur et risque de susciter pas mal de commentaires… Je voulais rendre hommage au “ventre mou” de la classe comme on les appelle parfois… Ces enfants sont-ils plus sereins, plus créatifs?… Ce qui est sûr, c’est que dans ma pratique clinique, je me rends bien compte que les enfants à haut potentiel sont rarement tête de classe… Et tant mieux! En résumé, je dirais qu’il est bien plus préférable de se concentrer sur le plaisir d’apprendre et les initiatives d’un élève plutôt que sur ses résultats.

Votre enfant n’est pas premier? (les miens non plus!)

Tant mieux!!!!

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