ÉDUQUER VOTRE ENFANT A LA FLEXIBILITÉ, UN CADEAU POUR SA VIE SOCIALE…

La flexibilité cognitive est ce qu’on appelle une fonction exécutive. Il s’agit de la capacité qu’a un individu de passer d’une idée à une autre, d’une émotion à une autre ou d’un comportement à un autre en fonction de toute nouvelle information de l’environnement.

Cette fonction est essentielle pour les humains que nous sommes car elles déterminent bien souvent l’adaptation sociale, la santé et la réussite. Dans la mesure où elles constituent les fonctions les plus élaborées de l’être humain, leur développement est lent et leur maturation n’arrive qu’en fin d’adolescence. Néanmoins, la mise en place de la flexibilité cognitive démarre très jeune et peut même être entraînée.

C’est le manque de flexibilité cognitive qui est à l’origine des grosses colères du tout jeune enfant. En effet, la colère émerge d’une frustration à l’origine d’attentes qui n’ont pas été réalisées ou de résultats qui n’ont pas été conformes aux attentes de l’enfant.

Comment aider votre enfant à gagner en flexibilité cognitive?

Savoir dire non

Les colères d’un jeune enfant sont parfois si éprouvantes et si difficiles à supporter pour nous,  parents, qu’on est parfois tenté de céder… Grave erreur! En effet, cette période est justement nécessaire. C’est ainsi que l’enfant apprend qu’il n’est pas tout puissant et qu’il doit nécessairement tenir compte des contraintes de son environnement. Ce serait le leurrer que de le laisser penser qu’il peut tout faire, comme il l’entend… La frustration, même si elle n’est pas agréable, fait grandir. Ainsi, n’hésitez pas à poser des limites sans craindre ses réactions négatives. Bien sûr, restez calme et comprenez sa frustration tout en expliquant , de manière brève, pourquoi cette règle est de rigueur.

 

Développer sa créativité en matière de résolution de problème

Nous avons tendance à chercher à protéger notre enfant de toute expérience négative. Aussi, il n’est pas rare que nous anticipions les problèmes en lui livrant des solutions toutes faites. Or, il est essentiel pour un enfant d’apprendre à résoudre ses problèmes de manière autonome. Aussi, face à une difficulté qu’il rencontre, évitez de lui suggérer la solution mais demandez lui quelles sont toutes les solutions qui s’offrent à lui pour résoudre son problème.

Par exemple, “La maîtresse t’a grondé de manière injuste”, qu’est ce que tu aurais pu faire ?

Pour chaque solution, discutez avec lui des avantages et des inconvénients. Aidez-le au final à choisir la meilleure solution et aidez-le à la mettre en application.

Développez son empathie

Si les capacités d’empathie se développent tout au long de l’enfance, le petit d’homme est avant tout très auto-centré. Dans un conflit, il ne perçoit que ses propres émotions (et encore… parfois de manière très floue). Après qu’il ait pu exprimer ses propres sentiments, il faut donc l’aider à comprendre le point de vue de l’autre. On peut lui demander: “D’après toi, qu’est ce qu’il a pu s’imaginer? “, “Si tu étais à sa place, qu’aurais tu ressenti?”, … Le développement de l’empathie est essentiel pour le bon fonctionnement des relations sociales. Les personnes autistes en sont dépourvus et c’est ce qui gêne notamment leurs relations sociales.

L’un des meilleurs moyens de développer l’empathie des enfants, c’est d’exprimer nous mêmes nos sentiments et notre point de vue, tout en considérant le sien, ainsi que ses propres émotions. Là encore, c’est un apprentissage que l’on dit vicariant car démarrant par l’observation de ses semblables.

Ne cultivez pas la perfection et acceptez les défauts de l’autre … et faîtes le savoir à votre enfant

Nul n’est parfait, ni vous, ni moi, ni votre enfant… Répétez-lui inlassablement que vous n’attendez pas de lui qu’il soit parfait… Mettez en évidence que vous même n’êtes pas parfait: vous avez des petits défauts, parfois vous vous trompez et il vous arrive de vous laisser envahir par vos émotions, …

L’enfant doit apprendre progressivement qu’il ne peut changer l’Autre… il doit donc en accepter les défauts. A l’échelle de la classe, tous les enfants sont bien différents. Certains peuvent avoir des traits de personnalité plus dérangeants que d’autres… C’est le cas des enfants impulsifs qui ont la dispute facile… Amener son enfant à s’affirmer sans violence est essentiel mais il doit aussi apprendre que certains enfants sont comme ils sont et qu’il faut les accepter comme tels…

On peut aussi amener l’enfant à voir les côtés positifs d’une maîtresse qu’il juge négativement. C’est le cas par exemple des enfants qui n’aiment pas la maîtresse parce qu’elle est trop sévère.

Améliorez son estime de lui

Il n’est pas rare que des enfants dont l’image de soi est fragilisée considère le refus comme un rejet de leur personne. Il est important d’amener l’enfant à se construire dans une vision claire de lui même. Il doit avoir conscience de ses qualités, ses défauts, ses besoins, ses envies, … Pour augmenter sa confiance en lui, on pourra lui donner l’opportunité de vivre des expériences enrichissantes (activités extra-scolaires, rencontres sociales, expériences en famille, …). L’enfant doit apprendre que le refus de l’autre n’est pas forcément lié à sa personne. Par exemple, sa meilleure amie a le droit d’inviter une autre copine à dormir. Ce n’est pas pour autant qu’elle la rejette. On peut réfléchir ensemble à toutes les raisons qui font que cette meilleure amie souhaite inviter une autre copine. Ensuite on peut aider notre enfant à adopter des relations moins exclusives avec ses pairs, à moindre dépendre des autres.

L’apprentissage des habiletés sociales est un long chemin… mais il vaut la peine lorsque l’on sait que 80% de nos problèmes d’adultes sont des problèmes relationnels…

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