Le TDA/H chez l'enfant

Comment savoir si mon enfant est “hyperactif”?

Le TDA/H chez l'enfant
Mon enfant est-il hyperactif?

Quoique très courant dans notre langage, le terme “hyperactif” n’est pas forcément adapté car il s’agit d’un symptôme. En effet, l’hyperactivité peut se retrouver dans un grand nombre de problèmes:

  • le TDA/H (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité)
  • l’anxiété
  • la dépression
  • des pratiques éducatives inadéquates (concernant l’alimentation, la discipline, la consommation d’écrans, …)
  • le haut potentiel

 

Lorsque les parents se demandent si leur enfant pourrait être “hyperactif”, ils font référence au TDA/H (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité). 

Dans ce cas, c’est surtout le déficit attentionnel qui domine la tableau clinique. On peut alors retrouver les symptômes suivants (selon le DSM 5, manuel diagnostic de référence dans le monde entier):

  • difficulté à prêter attention aux détails et erreurs d’étourderie dans le travail ou toute autre activité
  • difficulté à soutenir son attention au travail, dans les jeux ou les conversations
  • semble ne pas écouter lorsqu’on lui parle
  • difficulté à respecter les consignes et à mener à leur terme les tâches scolaires ou domestiques
  • difficulté à organiser ses activités
  • Il évite ou fait à contre-cœur les tâches nécessitant un effort soutenu
  • perd souvent ses affaires
  • se laisse facilement distraire par les éléments extérieurs ou semble dans ses pensées
  • oublie fréquemment les choses dans la vie quotidienne

Les difficultés d’attention sont évaluables par un bilan neuropsychologique complet composé:

  • d’un test d’efficience intellectuelle (le fameux QI)
  • et d’une évaluation complète des fonctions attentionnelles et exécutives. Cette dernière est indispensable pour le diagnostic mais surtout pour la remédiation cognitive et psychoéducative qui suivra.

A ces problèmes d’attention, peuvent se surajouter de l’instabilité psychomotrice (hyperactivité) et/ou de l’impulsivité (selon le DSM 5) comme en témoignent les symptômes suivants:

  • Remue beaucoup et se tortille sur sa chaise
  • se lève dans des situations où il est censé rester assis
  • court et grimpe dans des situations inappropriées. Chez les plus grands, on peut surtout observer une impatience motrice.
  • incapable de se tenir tranquille dans les jeux ou les loisirs
  • semble “monté sur ressorts”
  • parle trop
  • répond avant la fin de la question ou ne peut attendre son tour
  • interrompt les autres ou impose sa présence

Ces difficultés doivent se rencontrer dans tous les milieux de vie de l’enfant (école, famille, loisirs).

Ces symptômes apparaissent très précocement, néanmoins, le diagnostic ne sera pas retenu avant 7 ans afin de tenir compte de la maturité cérébrale. Ces comportements concernent en effet la zone frontale du cerveau, celle qui se développe le plus tardivement dans le développement de l’enfant.

Avant le diagnostic, il tout à fait possible d’aider l’enfant en consultant un psychologue et/ou un psychomotricien. Cela permettra de mettre en place des attitudes éducatives adaptées, de proposer des remédiations et d’accompagner le développement d’une estime de soi positive. C’est absolument essentiel pour le bien être de l’enfant… et de sa famille.

Le TDA/H concerne 3 à 5% des enfants d’âge scolaire, soit à 1 à 2 par classe. Il touche plus facilement les garçons (3 garçons pour 1 fille).

En présence d’hyperactivité associée aux troubles attentionnels, le diagnostic (et donc la prise en charge) est souvent plus rapide car plus évident.

Le problème réside davantage quand le trouble n’est “que” attentionnel. Dans ce cas, le diagnostic est souvent plus tardif car l’enfant peut faire illusion en l’absence de troubles du comportement, surtout s’il a de bonnes compétences intellectuelles. Il réussit alors bien en dessous de ses capacités.

Devant le moindre doute, un avis spécialisé est indispensable. 

La démarche est la suivante:

  1. Le bilan neuropsychologique (entretien anamnèstique fouillé, test de QI, examen des fonctions attentionnelles et exécutives)
  2. Si les examens précédents orientent vers cette hypothèse, un avis médical spécialisé est nécessaire. Il s’agit du neuropédiatre. Le rendez vous est souvent long à obtenir mais une prise en charge en psychologie et/ou psychomotricité peut déjà considérablement soulager l’enfant … et sa famille.

Et vous? Avez vous été confronté à ce problème pour vous ou votre enfant (car bien évidemment le TDA/H peut concerner les adultes que nous sommes)?

Virginie BOSSUT 

Psychologue clinicienne spécialisée dans les troubles de l’apprentissage, l’éducation et les thérapies cognitives et comportementales

 

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