anxiété de performance

Comment aider un enfant qui souffre d’anxiété de performance ?

1/ Qu’est-ce que l’anxiété de performance ?

C’est une peur liée à la crainte d’échouer. Cette peur de l’échec provoque alors des tensions et une appréhension.

Il est tout à fait normal de ressentir du trac ou du stress avant un examen, un oral ou une interrogation. Néanmoins, cela peut devenir, chez certains enfants ou adolescents, très envahissant.

2/ Comment se manifeste l’anxiété de performance ?

L’anxiété se manifeste tout d’abord sur le plan physiologique.

L’enfant peut avoir des maux de ventre, des vomissements, des palpitations, des suées, des tremblements, des tensions musculaires, une agitation,  ou l’envie de faire « pipi ». Il peut également faire des insomnies dans les nuits qui précèdent.

Ces sensations sont accompagnées de pensées, et ce sont même elles qui génèrent les symptômes physiques. L’enfant ou l’adolescent pourra penser qu’il va rater, qu’il ne se rappellera plus de rien, qu’il aura une mauvaise note, qu’il va redoubler ou qu’il est nul.

Mais le jeune, peut aussi craindre le jugement, voire la sanction, de son enseignant ou de ses parents.

3/ Un cercle vicieux

L’anxiété de performance constitue un cercle vicieux avant, pendant et après l’évaluation.

En effet, plus l’enfant est dans des croyances négatives ou erronées, plus son comportement risque d’être inadapté.

Par exemple, s’il pense qu’il n’y arrivera jamais, il sera tenté de mettre en place des stratégies d’évitement de l’étude en cours. S’il est dans un schéma de perfectionnisme, pensant qu’il doit tout savoir sur le bout des doigts, il peut s’épuiser en bachotage ou au contraire procrastiner ses révisions pour fuir un objectif inatteignable.

D’autre part, pendant l’évaluation, plus le jeune est stressé, plus ses fonctions cognitives seront inhibées et ce sera alors le trou noir.

Par ailleurs, lorsque l’enfant ou l’adolescent mémorisera les désagréables sensations associées à l’évaluation, celles-ci auront tendance à se réactiver dans des circonstances similaires.

Enfin, le jeune peut aussi entrer dans un phénomène de pensée magique délétère, pensant que, comme il s’était dit qu’il avait échoué et qu’il a réussi, cela lui porte d’avantage chance de se représenter qu’il va rater !

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4/ Comment l’aider ?

Il faut tout d’abord l’amener à verbaliser ses peurs. Les exprimer a un effet apaisant et favorise la prise de recul.

Il faut ensuite l’amener à relativiser en lui faisant prendre conscience de la portée limitée des enjeux. On pourra même aider certains enfants, en les amenant à se projeter dans les pires scénarios : « Et au pire, si tu rates, qu’est-ce qu’il se passera ? ».

5/ Lui enseigner une stratégie anti trou noir dont voici les étapes :

  • Je relis lentement et calmement la consigne
  • Je me relaxe en respirant doucement
  • Je note au brouillon tous les mots qui me viennent (la mémoire se réactive par association d’idées).

6/ N’est-ce que de l’anxiété ?

Attention, beaucoup d’enfants et d’adolescents évoquent le fameux trou noir devant la copie.

Or, il peut être la conséquence d’un apprentissage inadapté. En effet, la leçon doit d’abord être bien comprise. Ensuite, il faut fractionner les apprentissages, et revoir plusieurs fois ce qui a été appris.

Ensuite, il faut imaginer le type de questions que posera le professeur et chercher à y répondre.

Enfin, le jeune devra relier ces nouvelles connaissances à celles qu’il a déjà en mémoire.

Une méthode d’apprentissage inadaptée est très anxiogène car elle est source d’échec et peut décourager l’enfant.

En conclusion, il faut être conscient qu’une petite dose de stress est indispensable aux apprentissages, sinon le jeune ne prendrait même pas la peine de réviser.

Le bon stress est celui qui cesse au moment où commence l’évaluation.

Il convient d’amener nos jeunes à essayer, sans redouter l’échec…mais pour cela, nous devons nous-mêmes en tant que parents, changer notre état d’esprit !

Laissez-nous vos témoignages : avez-vous déjà connu, pour vous ou votre enfant, ce type de difficulté, et comment agissez-vous ?

Virginie Bossut

Psychologue clinicienne

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